
De minuscules points jaunes ou blancs sur les feuilles, puis de fines toiles dessous : ce sont les araignées rouges, des acariens qui adorent l’air chaud et sec de nos intérieurs. Le traitement biologique le plus employé consiste à lâcher sur la plante leur prédateur naturel, l’acarien Phytoseiulus persimilis. Voici comment reconnaître l’attaque, réussir ce traitement et éviter que l’araignée rouge ne revienne.
Reconnaître une attaque d’araignées rouges
Malgré leur nom, les araignées rouges ne sont pas des araignées mais des acariens, longs d’environ un demi-millimètre, à peine visibles à l’œil nu. Le tétranyque tisserand (Tetranychus urticae), aussi appelé araignée rouge des serres, est le plus souvent vert-jaune pâle, avec deux taches sombres sur le dos ; il ne prend une teinte rouge orangé qu’à l’automne et en hiver. Pour le distinguer des autres nuisibles des plantes d’intérieur, fiez-vous à ces trois signes.
- Des petits points jaunes ou blancs sur les feuilles. Les araignées rouges piquent les cellules des feuilles pour en aspirer le contenu : chaque point clair correspond à des cellules vidées. Quand l’attaque progresse, le feuillage devient terne et moucheté, puis jaunit, sèche et tombe.
- De fines toiles sous les feuilles, entre les tiges et au bout des pousses. Elles signalent une attaque déjà bien installée.
- De minuscules points qui bougent sous les feuilles. Avec une loupe (grossissement ×10), vous verrez les acariens et leurs œufs, ronds et translucides comme de minuscules gouttelettes. Sans loupe, tapotez une feuille de la plante au-dessus d’une feuille de papier blanc : si de petits points s’y mettent à courir, ce sont elles.
Elles se multiplient vite : par temps chaud, une génération ne demande qu’une à deux semaines. D’où l’intérêt d’agir dès les premiers points.
Pourquoi elles s’installent chez vous
Les araignées rouges aiment la chaleur et l’air sec. C’est l’ambiance d’un appartement chauffé en hiver, d’une véranda ou d’un rebord de fenêtre en plein soleil l’été : c’est là qu’il faut surveiller vos plantes de plus près. Elles peuvent aussi arriver avec une nouvelle plante, d’où l’intérêt de la quarantaine (voir plus bas).
Les premiers gestes : douche et humidité
Sans attendre, éloignez la plante touchée de ses voisines, puis donnez-lui une douche franche, dessous des feuilles compris : un jet d’eau assez fort déloge une bonne partie des araignées rouges. Passez les petites plantes sous la douche ou au jet de l’évier, en tenant la motte pour ne pas détremper le terreau, et recommencez régulièrement. Retirez aussi les feuilles les plus abîmées.
Et bien sûr, l’humidité salvatrice : vaporisez régulièrement le feuillage avec de l’eau non calcaire, car nos ennemies miniatures détestent l’humidité ! Cette brumisation agit comme une barrière physique et rend l’environnement moins favorable à leur développement, renforçant ainsi votre arsenal.
Le traitement biologique : l’acarien Phytoseiulus persimilis
Phytoseiulus persimilis est un acarien prédateur, à peu près de la taille de sa proie. C’est l’auxiliaire le plus employé contre les araignées rouges, sur les plantes d’intérieur comme dans les serres. Il ne se nourrit que d’araignées rouges et de leurs proches cousines du genre Tetranychus, dont il mange aussi bien les œufs que les larves et les adultes. Nous proposons nos acariens Phytoseiulus par lots de 500, livrés vivants.
Les conditions qu’il lui faut
- Des araignées rouges déjà présentes. Lâchez-le dès les premiers foyers, jamais « au cas où » : sans proies, il meurt de faim ou s’en va.
- Une température douce. Il est à son aise entre 15 et 25 °C environ et ne vient plus à bout des araignées rouges au-delà de 30 °C.
- Un air humide. Il supporte mal une humidité de l’air inférieure à 70 % : vérifiez-la avec un thermomètre-hygromètre. N’hésitez pas à brumiser vos plantes régulièrement, surtout en période de déploiement, pour créer un microclimat favorable.
- Aucun insecticide. Même d’origine naturelle, un insecticide tue aussi les acariens prédateurs qu’il touche. N’en utilisez pas avant le lâcher : la notice des Phytoseiulus demande plusieurs semaines sans traitement.
Le lâcher, pas à pas
- Commandez au moment d’agir et installez les acariens dès réception : ce sont des êtres vivants. Si vous devez patienter, suivez les conditions de conservation de la notice.
- Brumisez légèrement le feuillage.
- Faites rouler doucement le tube, sans le secouer, pour répartir les acariens dans leur support.
- Saupoudrez son contenu directement sur les feuilles touchées, en commençant par les foyers les plus denses.
- Brumisez de nouveau, puis laissez faire : plus de douche ni de produit sur la plante, seulement des brumisations pour garder l’air humide.
Le résultat n’est pas immédiat : les prédateurs doivent d’abord se multiplier sur place. Surveillez le dessous des feuilles chaque semaine. Quand les araignées rouges ont disparu, les Phytoseiulus disparaissent à leur tour, faute de nourriture : si l’attaque revient plus tard, il faudra en lâcher de nouveaux.
Les autres auxiliaires
- Neoseiulus californicus (aussi appelé Amblyseius californicus) est un autre acarien prédateur des araignées rouges, qui supporte mieux la chaleur et l’air sec que Phytoseiulus. Il mange aussi d’autres acariens, et on peut l’installer tôt, en prévention, quand les araignées rouges sont encore rares. Les deux espèces peuvent être associées.
- Stethorus punctillum, que l’on présente parfois avec ces acariens, est en réalité une minuscule coccinelle. Ses larves comme ses adultes se nourrissent presque exclusivement d’acariens, dont les araignées rouges.
- Neoseiulus cucumeris (Amblyseius cucumeris), que nous vendons en sachets, est lui aussi un acarien prédateur, mais il cible plutôt les thrips, dont il mange les jeunes larves. Contre les araignées rouges, c’est Phytoseiulus qu’il vous faut.
Vous trouverez tous nos auxiliaires de lutte biologique dans la boutique.
Éviter le retour des araignées rouges
- Inspectez vos plantes chaque semaine, en retournant quelques feuilles : une attaque prise tôt s’arrête bien plus facilement.
- Isolez chaque nouvelle plante quelques semaines, à l’écart des autres, le temps de vérifier qu’elle n’apporte aucun nuisible.
- Dépoussiérez le feuillage avec un chiffon humide ou une douche douce, en profitant de ce moment pour regarder le revers des feuilles.
- Gardez l’air humide, surtout pendant la saison de chauffage. Humidificateur, plateaux de billes d’argile, brumisation régulière du feuillage. Notre article sur la température et l’humidité des plantes explique comment relever durablement l’humidité ambiante.
Prise à temps, une attaque d’araignées rouges se traite sans insecticide, par l’eau et les auxiliaires. Pensez à des coffrets et idées cadeaux pour partager cette passion !


