Comment soigner ma plante malade

Une feuille qui jaunit sur votre Monstera Thai Constellation, des taches sur une Alocasia, des tiges qui s’affaissent : avant de traiter quoi que ce soit, il faut comprendre ce qui ne va pas. Le plus souvent, une plante d’intérieur souffre de ses conditions de vie (trop ou trop peu d’eau, de lumière, un air trop sec) ; les parasites et les maladies sont des causes moins fréquentes. Voici comment repérer les signes d’une plante malade, trouver la cause et la soigner en douceur.

Ma plante est malade : que faire en premier ?

Quatre gestes, avant tout traitement :

  1. Isolez-la de vos autres plantes dès que vous soupçonnez des parasites ou une maladie, et gardez-la à l’écart jusqu’à ce que le problème soit réglé.
  2. Observez-la de près, avec une loupe si possible : le dessus et surtout le dessous des feuilles, l’aisselle des feuilles, les tiges et la surface du terreau. Beaucoup de parasites se cachent sous les feuilles ou dans les recoins.
  3. Touchez le terreau en y enfonçant un doigt : est-il sec, ou détrempé ? Regardez aussi s’il reste de l’eau au fond de la soucoupe ou du cache-pot.
  4. Repensez aux derniers jours : un changement de place, un radiateur rallumé, une fenêtre ouverte, un arrosage oublié. Les feuilles réagissent souvent à un changement récent de lumière, de température ou d’humidité.

Attendez d’avoir trouvé la cause avant de changer la plante de pot : le rempotage est lui-même un choc pour elle. Il ne devient le remède que si ses racines pourrissent.

Lire les signes : ce que disent les feuilles

Chaque symptôme a plusieurs causes possibles, et c’est l’ensemble des indices qui oriente. Ce tableau donne les plus fréquentes.

Ce que vous voyezCauses les plus fréquentesCe que vous vérifiez
Une feuille du bas jaunit de temps en temps, le reste de la plante est en formeLe vieillissement normal des feuilles les plus anciennesRien : retirez la feuille quand elle se détache
Plusieurs feuilles jaunissent en même tempsTrop ou pas assez d’eau, pot trop grand, manque de lumière, froid ou courant d’air, manque d’engraisL’humidité du terreau, la place de la plante, le dernier apport d’engrais
Feuilles molles, plante qui s’affaisseTerreau sec : la plante a soif. Terreau détrempé : les racines, abîmées par l’excès d’eau, ne font plus leur travailLe terreau, puis les racines
Pointes ou bords des feuilles bruns et secsAir trop sec, terreau trop sec ou trop humide, excès d’engrais ou de sels dans le terreau, courant d’airLa distance au radiateur, le rythme des arrosages
Taches sèches et décolorées sur les feuilles les plus exposées, peu après un changement de placeTrop de soleil directLa nouvelle exposition de la plante
Feuilles qui tombent d’un coupChangement brusque de lumière ou de température, courant d’air froid ou chaud, excès d’eauCe qui a changé ces derniers jours
Tiges longues et grêles, nouvelles feuilles petites et pâlesManque de lumièreLa distance à la fenêtre

Le jaunissement a son article détaillé : pourquoi les feuilles jaunissent, cause par cause. Si votre plante s’affaisse, voyez aussi comment redonner de la tenue à des feuilles molles et tombantes.

Trouver la cause : l’eau, la lumière, l’air

L’arrosage, la cause la plus fréquente

Un arrosage mal ajusté, trop fréquent ou trop rare, est la première source de soucis des plantes d’intérieur. Le doigt dans le terreau tranche souvent :

  • Terreau sec et feuilles molles : la plante a soif. Arrosez à fond, jusqu’à ce que l’eau sorte par les trous du pot, puis videz la soucoupe. Si elle se redresse ensuite, c’était bien la soif.
  • Terreau détrempé et feuilles molles ou jaunes : les racines manquent d’air. Videz la soucoupe, laissez sécher le terreau avant d’arroser de nouveau et vérifiez que le pot est bien percé.

Si la plante reste molle dans un terreau mouillé, sortez délicatement la motte du pot et regardez les racines. Des racines saines sont fermes et claires, souvent blanches ; brunes ou noires, molles, elles pourrissent. Coupez alors toutes les parties abîmées avec un outil propre, rempotez dans un terreau neuf et un pot à peine plus grand que la motte, puis espacez les arrosages. La pourriture racinaire a son propre article, qui traite aussi les cas les plus avancés.

La lumière

Une plante qui manque de lumière s’étiole : ses tiges s’allongent et s’affaiblissent, ses nouvelles feuilles sont plus petites et plus pâles. Rapprochez-la d’une fenêtre. À l’inverse, un soleil direct dont elle n’a pas l’habitude brûle ses feuilles. Dans les deux cas, changez-la de place progressivement : un passage brutal de l’ombre à une lumière forte, ou l’inverse, fait aussi tomber des feuilles.

L’air : trop sec, trop froid, trop confiné

Un air chaud et sec, près d’un radiateur par exemple, fait brunir les pointes des feuilles et favorise les araignées rouges. Pour remonter l’humidité autour de la plante :

  • Regroupez vos plantes : ensemble, elles gardent un air plus humide autour de leur feuillage.
  • Posez le pot sur un plateau garni de billes d’argile ou de graviers mouillés, le fond du pot au-dessus de l’eau.
  • Installez un humidificateur dans la pièce.
  • Vaporisez régulièrement (eau non calcaire), attention à l’eau stagnante.

Les courants d’air abîment aussi les feuilles : un air glacé en hiver (fenêtre entrouverte, porte d’entrée) comme le souffle chaud d’une bouche de chauffage les font jaunir puis tomber. Éloignez la plante de ces endroits. Enfin, un air confiné favorise les maladies des feuilles : aérez la pièce, sans placer la plante dans un courant d’air.

Les parasites : les reconnaître

Si l’arrosage, la lumière et l’air n’expliquent pas tout, cherchez des parasites. Voici les plus courants sur les plantes d’intérieur ; notre guide des maladies et nuisibles les détaille un par un.

  • Araignées rouges : de minuscules acariens, sous les feuilles, qui piquettent le feuillage de points clairs puis, en nombre, tissent de fines toiles. Elles prospèrent dans l’air chaud et sec.
  • Thrips : des insectes très fins, de moins de 3 mm, qui laissent sur les feuilles des plages argentées piquetées de points noirs, leurs excréments.
  • Cochenilles : les cochenilles farineuses forment des amas blancs et cotonneux le long des nervures et à l’aisselle des feuilles ; les cochenilles à bouclier sont de petites carapaces fixées sur les tiges et les feuilles.
  • Pucerons : de petits insectes en colonies sur les jeunes pousses et sous les feuilles, qui les déforment.
  • Sciarides, ou mouches du terreau : de petites mouches sombres qui volettent autour du pot. Les adultes sont surtout gênants ; ce sont leurs larves, dans le terreau humide, qui se nourrissent de matière organique et de racines. Leur présence signale souvent un terreau trop arrosé.

Un dépôt collant sur les feuilles trahit les insectes suceurs (pucerons, cochenilles, aleurodes) : c’est leur miellat, sur lequel peut se développer la fumagine, un dépôt noir comme de la suie. Ces champignons n’attaquent pas la feuille, mais ils lui font de l’ombre : lavez-la à l’eau tiède avec un chiffon doux, et traitez surtout les insectes.

Comment soigner une plante envahie de parasites

Commencez toujours par les gestes les plus doux, et répétez-les : un seul passage suffit rarement.

  1. Retirez ce que vous pouvez à la main : coupez les feuilles les plus envahies et jetez-les dans un sac fermé, grattez les cochenilles à bouclier.
  2. Douchez la plante à l’eau tiède, en insistant sous les feuilles : l’eau décroche une partie des pucerons, des araignées rouges et des jeunes cochenilles. Une petite plante peut être retournée et agitée dans une bassine d’eau tiède, en retenant la motte.
  3. Contre les cochenilles farineuses, tamponnez chaque amas avec un coton-tige imbibé d’alcool à 70 %, après un essai sur une seule feuille.
  4. Passez au savon noir si l’attaque continue. C’est un savon de potassium : comme les savons insecticides, il tue par contact les insectes et acariens à corps mou (pucerons, cochenilles, araignées rouges, thrips), et n’agit plus une fois sec.

Le savon noir, pas à pas

La boutique propose un savon noir concentré pour plantes. Pour l’appliquer :

  1. Vaporisateur brume fine : y verser la solution, préparée en suivant la notice du flacon, et l’essayer d’abord sur une seule feuille.
  2. Vaporiser généreusement (dessus et dessous feuilles, tiges).
  3. Si l’attaque se limite à quelques feuilles, le traitement peut rester localisé. Vaporiser sur les parties atteintes.
  4. Recommencer tant que des parasites restent visibles, puisque le savon ne touche que ceux qu’il mouille.

Le remède de grand-mère contre les araignées rouges : l’eau

Contre les araignées rouges, le remède de grand-mère est aussi celui que conseillent les spécialistes : de l’eau. Ces acariens aiment l’air chaud et sec. Rincez régulièrement la plante sous la douche, en insistant sous les feuilles, et gardez l’air plus humide autour d’elle. Si elles reviennent malgré tout, passez au savon noir ou à la lutte biologique.

Contre les sciarides : laisser sécher

Laissez sécher le terreau entre deux arrosages, ne laissez pas d’eau stagner dans la soucoupe et posez des pièges jaunes englués : ils capturent les adultes, attirés par le jaune.

La lutte biologique

Quand une attaque revient malgré ces gestes, des auxiliaires peuvent prendre le relais : un acarien prédateur, Phytoseiulus persimilis, contre les araignées rouges ; une coccinelle, Cryptolaemus montrouzieri, contre les cochenilles farineuses ; des nématodes contre les larves de sciarides. Vous trouverez des auxiliaires de lutte biologique dans la boutique.

Maladies des feuilles : oïdium, mildiou, taches

L’oïdium se reconnaît à un feutrage blanc et poudreux sur les feuilles et les tiges. Retirez les feuilles les plus atteintes et aérez la pièce, sans placer la plante dans un courant d’air froid : l’oïdium profite d’un air humide qui stagne.

Le mildiou est souvent confondu avec lui, mais ce n’est pas un champignon : c’est un oomycète, sans parenté avec l’oïdium. Il forme des taches décolorées sur le dessus des feuilles et un duvet blanc, gris ou violacé au revers. Contre lui, les gestes de prévention restent les plus efficaces : retirez les feuilles atteintes dès les premiers signes, aérez, et tant que la maladie est là, gardez le feuillage sec en arrosant au pied, le matin.

Les taches brunes ou noires qui s’étendent d’une feuille à l’autre peuvent venir d’une maladie. Retirez les feuilles touchées avec un outil propre et évitez de mouiller le feuillage le temps que la plante guérisse.

Prévenir : les gestes qui évitent la plupart des soucis

  • Mettez en quarantaine toute nouvelle plante : gardez-la quelques semaines à l’écart des autres et inspectez-la chaque semaine, dessous des feuilles compris.
  • Rincez ou essuyez les feuilles régulièrement avec un chiffon doux et de l’eau claire : la poussière part, et de nombreux parasites s’installent moins facilement.
  • Arrosez selon le besoin, pas selon le calendrier : touchez le terreau avant chaque arrosage et ne laissez pas d’eau dans la soucoupe.
  • Gardez des outils propres pour couper et rempoter.
  • Regardez vos plantes de près chaque semaine : un parasite ou une maladie repérés sur une seule feuille s’arrêtent parfois en retirant simplement cette feuille.

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