Lexique botanique des plantes d'intérieur

Pétiole, rhizome, épiphyte, cultivar : les fiches des plantes d’intérieur et les étiquettes de pépinière emploient un vocabulaire botanique précis. Ce lexique l’explique simplement, comme un petit dictionnaire : les termes sont rangés par thème, puis par ordre alphabétique.

Les parties de la plante

Entre-nœud : la portion de tige comprise entre deux nœuds. Des entre-nœuds qui s’allongent signalent souvent un manque de lumière (voir étiolement).

Nœud : le point de la tige où s’attache une feuille, avec son bourgeon. C’est surtout là que naissent les racines d’une bouture de tige, qui doit donc en porter au moins un.

Pétiole : la partie étroite de la feuille, sa « queue », qui relie le limbe (la partie plate de la feuille) à la tige.

Racine : l’organe, le plus souvent souterrain, qui fixe la plante et puise l’eau et les sels minéraux dont elle a besoin. Certaines racines stockent aussi des réserves.

Racine aérienne : une racine qui pousse hors du sol. Le Monstera deliciosa s’en sert pour s’accrocher et grimper vers la lumière (voir épiphyte).

Rhizome : une tige souterraine, plus ou moins horizontale, qui stocke des réserves et produit des racines et de nouvelles pousses. Le gingembre en est un ; ceux du Zamioculcas, charnus, gardent l’eau en réserve et l’aident à supporter la sécheresse.

Spathe et spadice : l’inflorescence des aracées, un épi charnu couvert de minuscules fleurs (le spadice) entouré d’une grande feuille modifiée (la spathe). Chez l’Anthurium, la partie colorée que l’on prend pour une fleur est la spathe.

Stolon : une tige qui court à la surface du sol, ou juste dessous, et donne naissance à de nouvelles plantes qui s’enracinent, comme chez le fraisier. Enracinées, elles peuvent être séparées et mises en pot.

Lumière, eau et air

Épiphyte : une plante qui pousse sur une autre, le plus souvent sur un arbre, sans la parasiter ; elle tire son eau et ses nutriments de la pluie, de l’air et des débris accumulés autour d’elle. C’est le cas de beaucoup d’orchidées, qu’on cultive en pot dans un mélange aéré (sphaigne par exemple) plutôt que dans un terreau. Le Monstera deliciosa est un hémiépiphyte : il germe au sol, puis grimpe sur un arbre en s’y accrochant par ses racines aériennes.

Guttation : de petites gouttes d’eau au bout ou au bord des feuilles, surtout la nuit et au petit matin, quand le substrat est bien humide et que la plante transpire peu. Ce n’est pas une maladie, mais les sels minéraux de ces gouttes peuvent marquer le bord des feuilles quand elles sèchent.

Humidimètre : un appareil qui mesure l’humidité d’un matériau ; pour les plantes, celle du substrat, ce qui aide à savoir s’il est temps d’arroser. À ne pas confondre avec l’hygromètre, qui mesure l’humidité de l’air.

L’Humidité ambiante désigne le taux d’humidité dans l’air, vital pour de nombreuses beautés tropicales ; pensez à la brumisation et aux billes d’argile pour recréer leur habitat originel.

Hygromètre : l’appareil qui mesure l’humidité de l’air, exprimée en pourcentage d’humidité relative. Un thermomètre hygromètre digital affiche la température et l’humidité près de vos plantes.

Photosynthèse : le processus par lequel la plante fabrique ses sucres à partir de l’eau et du dioxyde de carbone de l’air, grâce à l’énergie de la lumière captée par la chlorophylle, le pigment vert des feuilles ; elle rejette de l’oxygène. Moins de lumière, c’est moins d’énergie pour pousser.

Substrats, pots et accessoires

Billes d’argile : des granulés d’argile expansée, cuite à très haute température jusqu’à gonfler comme du pop-corn. Légers et poreux, ils servent en culture hydroponique et semi-hydroponique, et à drainer ou alléger un mélange.

Cache-pot : le pot décoratif, en général sans trou, dans lequel on glisse le pot de culture. Videz l’eau qui s’y accumule après l’arrosage : les racines ne doivent pas baigner.

Drainage : l’écoulement de l’eau en trop par les trous du fond du pot. Sans lui, les racines restent détrempées et finissent par pourrir.

Perlite : une roche volcanique chauffée jusqu’à se dilater en petits grains blancs très légers. Mélangée au terreau, elle l’aère et améliore le drainage ; seule, elle sert aussi à faire raciner des boutures.

Le Pulvérisateur est vraiment utile pour augmenter l’humidité ambiante de vos beautés tropicales et nettoyer délicatement leurs feuilles, un geste simple qui prévient de nombreuses maladies.

Sphaigne : une mousse du genre Sphagnum, qui retient beaucoup d’eau. Séchée en longs filaments, elle sert de substrat aux orchidées ; humide, elle enveloppe la tige dans un marcottage aérien. Décomposée, elle forme la tourbe.

Substrat : tout ce dans quoi poussent les racines (terreau, écorce de pin, fibres de coco, sphaigne, perlite…). Un mélange pour orchidées ou pour cactées n’a pas la composition d’un terreau universel : choisir le bon substrat se fait plante par plante.

Terreau : un mélange prêt à l’emploi pour la culture en pot, à base de matières organiques surtout d’origine végétale (tourbe, écorces, fibres de coco, compost), souvent enrichi en engrais. Ce n’est pas de la terre de jardin, qui peut apporter maladies et ravageurs.

Vermiculite : un minéral de la famille des micas, qui s’expanse à la chaleur en feuillets légers. Elle retient l’eau et les éléments nutritifs, ce qui la rend utile pour les semis et les boutures.

Les signes d’un problème

Araignée rouge : malgré son nom, un minuscule acarien, le tétranyque (Tetranychus urticae). Il crible les feuilles de points pâles, puis elles se dessèchent ; on voit parfois de fines toiles. Il prolifère quand il fait chaud et sec. Son prédateur, l’acarien Phytoseiulus persimilis, est utilisé en lutte biologique : voyez nos acariens Phytoseiulus contre l’araignée rouge.

Auxiliaire : un organisme vivant (insecte, acarien, nématode) qui mange ou parasite les ravageurs. On l’introduit dans une lutte biologique, à la place des pesticides chimiques : coccinelles contre les pucerons, acariens prédateurs contre les araignées rouges.

Chlorose : le jaunissement des feuilles par manque de chlorophylle. Il vient souvent d’une carence (fer, magnésium, azote), mais aussi de racines abîmées ou noyées par un excès d’eau, ou d’un manque de lumière : vérifiez l’arrosage avant d’ajouter de l’engrais. Notre article sur les feuilles qui jaunissent approfondit le sujet.

Étiolement : la réaction d’une plante qui manque de lumière : ses tiges s’allongent et s’affaiblissent, et elle pâlit faute de chlorophylle. Le remède : plus de lumière.

Mouches du terreau : de petites mouches qui volettent autour des pots au terreau humide. Leurs larves vivent dans le substrat et se nourrissent de matière organique, de champignons et parfois de racines. Arroser moins souvent fait partie de la lutte.

Nécrose : la mort d’une partie des tissus de la plante. La zone touchée brunit ou noircit et se dessèche. Elle peut venir d’une maladie due à un champignon ou à une bactérie, comme d’une blessure.

Pourriture des racines : dans un substrat qui reste détrempé, les racines manquent d’air et pourrissent ; les feuilles jaunissent alors et la plante dépérit. C’est le risque d’un arrosage trop fréquent ou d’un pot sans drainage.

Ravageur : un animal qui se nourrit de la plante et l’affaiblit ; on parle souvent de « parasites ». En intérieur, les plus courants sont les araignées rouges, les thrips, les cochenilles, les pucerons, les aleurodes et les mouches du terreau. Inspectez aussi le revers des feuilles, où se cachent les araignées rouges.

Multiplier et entretenir

Bouturage : multiplier une plante à partir d’un fragment (tige, feuille ou racine) qui forme ses propres racines, dans l’eau ou dans un substrat ; la nouvelle plante est génétiquement identique à la plante mère. Pour aller plus loin, voyez notre guide pour bouturer vos plantes tropicales.

Engrais : en pot, une plante ne dispose que des éléments nutritifs de son substrat ; l’engrais les complète, surtout en azote (N), phosphore (P) et potassium (K), dont l’emballage indique la teneur en pourcentage (les trois chiffres « NPK »). Apportez-le au printemps et en été, pendant la croissance, sans dépasser la dose indiquée.

Marcottage : faire raciner une tige pendant qu’elle reste attachée à la plante mère, puis l’en séparer. En marcottage aérien, on entaille la tige, on l’entoure de sphaigne humide maintenue par un film plastique, puis on la coupe sous les racines formées.

Rempotage : installer la plante dans un pot à peine plus grand, avec un substrat neuf, de préférence au printemps, quand elle reprend sa croissance. Il est temps de le faire quand des racines sortent par les trous de drainage ou tournent autour de la motte, ou quand le substrat sèche anormalement vite.

Taille : couper les feuilles jaunies ou abîmées et raccourcir les tiges trop longues, pour garder une plante saine et compacte.

Tuteur : un support (bâton, planche, poteau) auquel on attache une plante qui ne tient pas seule. Pour un Monstera, il remplace le tronc d’arbre auquel ses racines aériennes s’accrochent dans la nature.

Les noms des plantes

Une même plante de maison peut avoir plusieurs noms communs, alors que son nom botanique, en latin, la désigne sans ambiguïté. Voici comment le lire.

Cultivar : une plante sélectionnée en culture pour une particularité (couleur, panachure, forme), puis multipliée par bouture ou par une autre méthode végétative pour la garder. Son nom s’écrit entre guillemets simples, sans italique, après celui de l’espèce : Monstera deliciosa ‘Thai Constellation’, aux feuilles marbrées de blanc crème, en est un (voir notre Monstera Thai Constellation).

Espèce : elle se nomme avec deux mots inséparables, en italique : le genre, avec une majuscule, puis l’épithète spécifique, en minuscule (Monstera deliciosa). Seul, le second mot ne désigne aucune plante : on le retrouve dans plusieurs genres.

Famille : un ensemble de genres apparentés. Monstera, Philodendron, Anthurium, Alocasia et Zamioculcas sont tous des Aracées (Araceae), reconnaissables à leur inflorescence en spathe et spadice ; les Maranta et les Calathea sont des Marantacées.

Genre : le premier mot du nom botanique, toujours avec une majuscule (Monstera). Il réunit des espèces proches.

Hybride : une plante issue du croisement de deux espèces, voire de deux genres. Le signe ×, souvent écrit x sur les étiquettes, le signale : entre les noms des deux parents (Anthurium magnificum × A. crystallinum), ou devant l’épithète d’un hybride qui a reçu son propre nom (Mentha ×piperita, la menthe poivrée).

Nom commun (ou nom vernaculaire) : le nom d’usage, qui change d’une langue à l’autre. Le Monstera deliciosa s’appelle aussi faux philodendron ou plante gruyère en français, et « Swiss cheese plant » en anglais : seul son nom botanique est le même partout.

Panachure (ou variégation) : des zones claires (blanches, crème ou jaunes) sans chlorophylle sur les feuilles ; on dit la plante panachée, ou variegata. Ces zones ne produisent pas d’énergie : une plante panachée pousse en général plus lentement et demande plus de lumière qu’une plante verte. Elle peut produire des pousses toutes vertes, et sa panachure se conserve par bouture ou marcotte.

Synonyme : l’ancien nom d’une plante reclassée par les botanistes. En 2012, une étude génétique a fait passer de nombreuses espèces de Calathea dans le genre Goeppertia : Calathea orbifolia est ainsi devenue Goeppertia orbifolia. Le commerce, y compris notre boutique, emploie encore souvent l’ancien nom.

Variété (abrégé « var. ») : une forme apparue dans la nature, qui se distingue de l’espèce type par quelques caractères. À ne pas confondre avec le cultivar, sélectionné et conservé en culture.

Gardez ce glossaire sous la main pour lire une fiche ou une étiquette. Utilisez les accessoires appropriés : un humidimètre pour l’arrosage, un pulvérisateur pour l’humidité, et des tuteurs pour le soutien. Pour trouver des idées, explorez nos idées cadeaux ou notre collection tous les produits ou coffrets.

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