
Aucune plante n’est officiellement « la plus rare au monde » : tout dépend de ce que l’on compte. Si l’on compte les pieds vivants, un cycas d’Afrique du Sud dont il ne reste que des clones est un candidat sérieux ; et quand on cherche la fleur la plus rare du monde, on cite souvent un camélia connu à deux exemplaires. Voici ces plantes parmi les plus rares au monde, l’orchidée vendue à prix d’or, et comment soigner une plante de collection chez vous.
| Plante | Où elle vit | Ce qui la rend si rare |
|---|---|---|
| Encephalartos woodii | Afrique du Sud, disparue de la nature | Aucune femelle connue : tous les pieds sont des clones d’un même groupe de mâles |
| Camélia Middlemist’s Red | Londres et Waitangi (Nouvelle-Zélande) | Deux pieds connus au monde |
| Orchidée fantôme | Sud-ouest de la Floride et Cuba | En danger : 2 000 pieds au plus en Floride selon les estimations |
| Liane de jade | Forêts tropicales des Philippines | Menacée par la destruction de ses forêts |
Encephalartos woodii, candidat au titre de plante la plus rare du monde
En 1895, le botaniste John Medley Wood découvre dans la forêt de Ngoye, au KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud, un groupe de pieds d’un cycas inconnu. Ce seront les seuls jamais trouvés dans la nature, et tous étaient des mâles. L’Encephalartos woodii a depuis disparu à l’état sauvage, et aucune femelle n’a jamais été découverte : sans femelle de son espèce, pas de graines. Tous les spécimens actuels, peut-être 500, répartis dans des jardins botaniques du monde entier, viennent des rejets de ces premiers pieds : ce sont des clones.
C’est pourquoi on le présente souvent comme l’une des plantes les plus rares du monde : il en existe des centaines d’exemplaires, mais tous issus du même individu, et aucun dans la nature.
Le camélia Middlemist’s Red : deux pieds connus au monde
C’est ce camélia que l’on cite souvent comme la fleur la plus rare du monde. Le Middlemist’s Red n’est connu qu’à deux exemplaires : l’un dans la grande serre de Chiswick House, à Londres, l’autre à Waitangi, en Nouvelle-Zélande. Ce n’est pas une espèce sauvage, mais une variété ancienne de camélia, cultivée : elle porte le nom de John Middlemist, un pépiniériste londonien qui l’a introduite en Grande-Bretagne au début du XIXe siècle.
La serre de Chiswick House, achevée en 1813, abrite une collection de camélias que l’on croit la plus ancienne sous verre du monde occidental. Le domaine y organise chaque année une fête des camélias, l’occasion de voir le Middlemist’s Red en fleur.
L’orchidée fantôme : une orchidée sans feuilles
L’orchidée fantôme (Dendrophylax lindenii) ne pousse que dans quelques zones humides du sud-ouest de la Floride et de Cuba. Elle n’a pas de feuilles : ce sont ses racines vertes, plaquées contre l’écorce d’un arbre, qui font la photosynthèse. Ses fleurs blanches et parfumées s’ouvrent en été ; comme les racines se confondent avec l’écorce, la fleur semble flotter dans le vide, d’où son nom.
Elle est en danger : selon les estimations, il n’en resterait pas plus de 2 000 pieds en Floride, peut-être moins de 900. Ses pollinisateurs sont de grands papillons de nuit, des sphinx. Elle y est protégée par la loi : ne la cueillez jamais dans la nature, et méfiez-vous des vendeurs qui le feraient.
La liane de jade : des fleurs turquoise menacées par la déforestation
La liane de jade (Strongylodon macrobotrys) ne pousse à l’état sauvage que dans les forêts tropicales des Philippines. Ses fleurs en forme de griffe, d’un bleu-vert turquoise, pendent en longues grappes, comme des raisins. Dans la nature, ce sont des chauves-souris qui les pollinisent. La destruction de ses forêts la menace aujourd’hui ; on peut l’admirer dans les grandes serres de quelques jardins botaniques.
La Welwitschia : extraordinaire, mais pas rare
On croise souvent la Welwitschia mirabilis dans les listes de plantes rares. Elle est extraordinaire : elle ne produit que deux feuilles, qui poussent toute sa vie sans jamais être remplacées, et les plus vieux pieds pourraient avoir 2 000 ans. Mais elle n’est pas rare : on en trouve un bon nombre dans le désert du Namib, en Namibie et en Angola, et elle n’est pas en danger d’extinction.
Ces perles vertes qui brisent les prix : la plante la plus chère à ce jour
Parler de la plante la plus rare nous mène inévitablement à évoquer celle qui a fait les gros titres par son prix astronomique ! L’orchidée Shenzhen Nongke, créée en Chine par des chercheurs agronomes au terme de huit années de travail, a été vendue aux enchères en 2005 pour 1,68 million de yuans, soit environ 200 000 dollars de l’époque.
Des plantes de collection atteignent aussi des prix élevés. Le Philodendron spiritus-sancti, originaire de l’État d’Espírito Santo, au Brésil, est menacé dans la nature et très recherché des collectionneurs. Les Monstera panachées, nées d’une mutation, ne gardent leur panachure que multipliées par bouture ou par marcottage, ce qui limite leur nombre. Ces beautés sont des défis à cultiver, demandant une attention et un savoir-faire particuliers, mais leurs prix mirobolants reflètent l’intensité du désir qu’elles suscitent.
| Plante | Prix estimé / Spécimen | Ce qui fait son prix |
|---|---|---|
| Orchidée Shenzhen Nongke | ~200 000 $ | Une création de chercheurs agronomes, fruit de huit années de travail |
| Philodendron spiritus-sancti | >10 000 € | Une espèce menacée dans la nature, originaire de l’État d’Espírito Santo, au Brésil, et très recherchée des collectionneurs |
| Monstera Variegata | Plusieurs milliers € (bouture) | Une panachure née d’une mutation, que seuls le bouturage et le marcottage conservent, et une croissance lente |
La valeur d’une plante ne se mesure pas uniquement à son prix, mais à l’histoire qu’elle porte, aux défis qu’elle a relevés et à la délicatesse de son existence. Si vous accueillez une plante de collection, voici comment lui donner toutes ses chances.
Comment soigner une plante de collection
Beaucoup de plantes de collection cultivées en intérieur, comme les Monstera, les Philodendron ou les Anthurium, viennent des forêts tropicales. Pour comprendre ce qui rend une plante rare et les bases de son entretien, voyez notre guide. L’essentiel tient en quelques gestes :
- Lumière : vive, mais sans soleil direct, qui brûle les feuilles. La plupart des beautés panachées poussent plus lentement que les formes vertes, faute de chlorophylle dans leurs zones claires : ne vous inquiétez pas de leur lenteur.
- Arrosage : arrosez copieusement, puis laissez sécher le dessus du substrat avant d’arroser de nouveau. Utilisez un pot percé et videz la soucoupe : des racines qui trempent finissent par pourrir.
- Substrat : choisissez un substrat aéré et drainant, riche en matière organique, et jamais de terre de jardin, trop lourde.
- Chaleur : pas de courant d’air froid. Un Monstera Variegata se plaît vers 20 à 25 °C et ne doit pas rester longtemps sous 15 °C.
- Humidité : les plantes de forêt tropicale aiment un air humide, et certaines en demandent beaucoup, comme l’Anthurium Warocqueanum, originaire de Colombie. Si l’air de votre intérieur est très sec, un humidificateur les aidera.
- Nuisibles : inspectez régulièrement le dessous des feuilles pour repérer tôt pucerons, cochenilles ou autres nuisibles.
- Origine : pour une espèce menacée, choisissez une plante issue de culture, jamais prélevée dans la nature.
Pour trouver votre prochaine plante de collection, parcourez nos plantes rares.


