
Une plante rare n’est pas seulement une plante chère ou à la mode. On parle de rareté pour trois raisons qui ne se ressemblent pas : la plante est rare dans la nature, elle est rare en culture parce qu’elle est exigeante ou difficile à multiplier, ou c’est une forme rare, le plus souvent une panachure. Savoir de quelle rareté il s’agit aide à choisir sa plante et à bien la soigner.
Rare dans la nature : peu de pieds, souvent en un seul endroit
Certaines plantes ne poussent qu’en un seul endroit du monde : on dit qu’elles sont endémiques. Le Nepenthes rajah, une plante carnivore dont les urnes atteignent environ 40 cm de haut, ne vit que sur deux montagnes voisines du nord de Bornéo, le mont Kinabalu et le mont Tambuyukon, dans l’État de Sabah, en Malaisie, entre 1 500 et 2 650 mètres d’altitude. Beaucoup de pieds y ont été prélevés illégalement : l’espèce est classée en danger par l’UICN et inscrite à l’annexe I de la CITES, la convention qui encadre le commerce international des espèces menacées.
La destruction des forêts joue aussi. Le Philodendron spiritus-sancti, originaire de l’État d’Espírito Santo, au Brésil, est menacé dans la nature, et très recherché des collectionneurs.
Toutes les plantes réputées rares ne sont pas endémiques pour autant. La Monstera obliqua, aux feuilles percées de grandes perforations, pousse dans les forêts humides d’Amérique centrale et du Sud, et non dans un seul pays. Pour les records, voyez notre article sur les plantes les plus rares au monde.
Rare en culture : des plantes exigeantes ou difficiles à multiplier
D’autres plantes sont rares dans nos intérieurs parce qu’il est difficile de leur offrir ce qu’elles demandent. Les Lithops, ces « pierres vivantes » d’Afrique australe, veulent une lumière très forte, un substrat très drainant et aucun arrosage en hiver : trop d’eau fait éclater leurs feuilles ou pourrir leurs racines. Une plante de forêt tropicale demande presque l’inverse : une lumière filtrée, un air humide et un substrat qui reste légèrement frais.
La façon de multiplier une plante compte aussi. Une Monstera ou un Philodendron se multiplient par bouture de tige ou par marcottage. D’autres, comme l’Anthurium, préfèrent la division ou nécessitent des techniques plus avancées comme la culture tissulaire, ce qui explique aussi en partie leur rareté et leur prix élevé. Une plante lente, enfin, donne peu de boutures, et reste rare plus longtemps.
Une forme rare : la panachure
Une plante panachée porte des taches, des stries ou de larges plages d’une autre couleur que le vert : blanc, crème ou jaune. Ces formes viennent le plus souvent d’une mutation apparue sur une plante verte, et elles ne se conservent qu’en multipliant la plante par bouture ou par division : le semis ne les garantit pas. Le nombre de plantes disponibles grandit donc lentement.
Les zones claires ont peu ou pas de chlorophylle : une plante panachée pousse donc plus lentement qu’une plante verte. Elle peut aussi revenir au vert : une tige se met à ne produire que des feuilles vertes, plus vigoureuses, qui finissent par prendre le dessus. Coupez cette tige jusqu’à une partie qui porte des feuilles panachées.
La Monstera Thai Constellation, à la panachure crème, marbrée et mouchetée, en est un bel exemple, tout comme le Philodendron Caramel Marble Variegata.
Des plantes rares à collectionner, selon leur rareté
| Type de rareté | Exemples | Ce que cela change pour vous |
|---|---|---|
| Rare dans la nature | Nepenthes rajah, Philodendron spiritus-sancti | Des espèces menacées : choisissez une plante issue de culture, jamais prélevée dans la nature. |
| Rare en culture | Lithops, certains Anthurium | Des conditions précises à reproduire chez vous, et de la patience. |
| Forme panachée | Monstera Thai Constellation, Philodendron Caramel Marble Variegata | Une croissance plus lente, et une tige revenue au vert à couper. |
Les bases de l’entretien d’une plante rare en intérieur
Beaucoup de plantes de collection sont des aracées tropicales : des Monstera, des Philodendron, ou des Anthurium comme l’Anthurium Veitchii, un épiphyte de Colombie. Leurs besoins de base se ressemblent.
Lumière : vive, sans soleil direct
Installez-les près d’une fenêtre lumineuse, mais hors du soleil direct, qui brûle les feuilles. Si votre intérieur manque de lumière, une lampe de culture à LED peut compléter.
Arrosage : laisser sécher le dessus du substrat
Arrosez copieusement, laissez l’eau en trop s’écouler par les trous du pot, puis attendez que le dessus du substrat ait séché avant d’arroser de nouveau. Videz toujours la soucoupe : des racines qui baignent dans l’eau finissent par pourrir. Nous expliquons dans un article comment repérer et soigner la pourriture des racines.
Substrat : riche, aéré et drainant
Oubliez la terre de jardin, trop lourde, qui retient trop d’eau et manque d’air. Ces plantes veulent un substrat riche en matière organique, mais qui draine bien. Pour l’alléger, mélangez à un bon terreau de l’écorce de pin, qui l’aère, et de la perlite ou de la pierre ponce, qui améliorent le drainage.
Chaleur et humidité
Ces plantes tropicales craignent le froid et les courants d’air. Une Monstera, par exemple, se plaît vers 20 à 25 °C et ne doit pas rester longtemps sous 15 °C. Elles aiment aussi un air humide : si celui de votre intérieur est très sec, un humidificateur les aidera.
Nuisibles : inspecter avant d’installer
Avant de placer une nouvelle plante près des autres, regardez le dessous de ses feuilles, ses tiges et la surface du substrat. Deux nuisibles à connaître :
- Les araignées rouges, de minuscules acariens, prolifèrent quand l’air est chaud et sec. Une brumisation régulière et un bon nettoyage des feuilles peuvent les tenir à distance. En cas d’attaque, des acariens prédateurs, Phytoseiulus persimilis, les dévorent, à condition que l’air soit assez humide.
- Les cochenilles farineuses, couvertes d’une cire poudreuse : retirez-les à la main ; les larves de chrysopes s’en nourrissent aussi.
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Bien choisir sa plante rare
- Partez de votre intérieur : la lumière, la chaleur et l’humidité dont vous disposez décident de ce qui poussera bien chez vous.
- Vérifiez l’origine : une espèce menacée doit venir de culture, jamais d’un prélèvement dans la nature.
- Acceptez la lenteur : une forme panachée pousse moins vite qu’une plante verte.
- Une valeur intrinsèque, au-delà du prix : Bien sûr, la rareté peut impliquer un certain coût d’acquisition. Mais une plante rare se choisit d’abord parce qu’elle vous plaît, et parce que vous pourrez lui offrir ce qu’elle demande.
Parcourez nos plantes rares avec ces repères en tête. Ne manquez pas de découvrir les nouveautés ou les coffrets pour enrichir votre collection.


